Je vais au tennis…

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Le manque des clubs sportifs réduit les chances de la Tunisie à créer de grands sportifs ainsi qu’à remporter de nombreux titres de championnat. Certainement, il existe un grand chantier à préparer que ce soit en matière de financement ou de stratégie nationale. Les dirigeants des clubs eux aussi doivent rompre avec les anciennes méthodes de gestion pour encourager la pratique de l’activité sportive  Tunisie et  pour offrir un plus grand nombre de gloires au sport Tunisien.  Ils doivent se rendre compte qu’il n’est plus légitime que certains  types de sports restent majoritairement destinés à une catégorie sociale bien particulière ou plus précisément, aux riches.

Cette réflexion ne tend pas à  parler des méfaits du décalage social existant entre les riches et les autres moins riches. Ce n’est pas ça l’objectif. Passons aux faits. Car le fait de représenter un exemple concret permet de clarifier le message que je désire  transmettre aux personnes responsables des institutions sportives en Tunisie.

Un potentiel qui risquait de se perdre

Commençons par le commencement. J’ai inscrit ma fille dans un club de tennis. À vrai dire c’est un club très bien fréquenté et très bien entretenu. Comme il faut toujours payer plus pour avoir une meilleure  qualité de service, les frais d’inscription qu’on m’a proposée étaient  très couteux.  Je n’aurais jamais pu les rembourser sans avoir mis un chèque de garantie.

L’endroit est magnifique. Je prends ma place et je continue à observer ma fille  en germant l’idée qu’elle serait un jour une championne de tennis. Parfois, je brise la monotonie par la lecture ou je me déplace vers un autre terrain pour regarder un match qui se joue de l’autre côté.

Des enfants et des adolescents défilent devant moi. Ces petits joueurs ont une superbe apparence physique ornée par des raquettes  Wilson, des baskets et  des tenues de sport de grandes marques. Très bien. Toutes les conditions sont favorables pour mouiller le pull et jouer  un bon match. Pourtant, je n’ai jamais eu la bonne occasion de  regarder  un  bon match. Des balles ratées, des entraineurs qui crient et des jeunes joueurs indisciplinés. On s’énerve. On jette la raquette par terre,  on hausse la voix,  et on se fout éperdument  du maître et des quelques spectateurs  présents : « tant que papa est là, tant qu’il est l’un des sponsors, personne ne me fera des reproches ».  Finalement, j’abandonne la scène et je me retourne vers le T4 voir comment se passe l’entrainement de ma fille.

Un entraineur gentil est très bavard vient me rejoindre pour vider son panier et exprimer sa colère  contre la mauvaise gestion de  l’administration. Il parle et dit plein de choses. Je fais semblant de bien l’écouter et je me demande au fond de moi, quand ce monsieur cessera-t-il de parler ?  Tout à coup, il commence à me raconter une  petite histoire qui réussit à attirer toute mon attention :

 » ..Nous avions  un jeune adhérent de  moins de douze ans.  Il aimait le tennis et voulait rejoindre ce club très connu pour développer ses performances. L’enfant  n’était pas issu d’une famille riche. Malgré son acharnement à bien vouloir maitriser le jeu, les entraineurs le sous-estimaient. Personne ne l’encourageait et personne ne voulait l’aider à bien apprendre le jeu. Avec le temps,  Le jeune  constate que  les autres joueurs étaient bien  privilégiés parce que leurs parents sponsorisaient le club. Un jour, un entraineur lui cri dessus : tu es nul, c’est à cet âge que tu viens apprendre le tennis ?! Cherche-toi une nouvelle occupation. C’était la goutte qui a débordé le verre. L’enfant touché par cette maladresse  quitte le club, choisit un autre moins connu  et décide de compter sur lui-même, de s’entrainer durement et de relever le défi. Il voulait prouver précisément aux dirigeants de ce club qu’il n’est pas nul et qu’il avait un potentiel  plus fort que celui de ces enfants, auxquels on consacre beaucoup de temps et pleine d’énergie rien que  parce qu’ils sont nés avec une cuillère d’or dans la bouche.

En 2014, l’enfant  remporte deux titres et devient  le champion de Tunisie. » il était  le seul joueur tunisien  sélectionné par l’ITF (International Tennis Federation) pour présenter la Tunisie au Maroc.

Un message à transmettre

La moralité de l’histoire, est que certains types de sports ne doivent plus continuer à  être l’apanage  d’une certaine catégorie sociale. Riches, pauvres ou appartenant à la classe moyenne, toute personne désirant faire un sport particulier doit avoir le plein droit de pratiquer son activité préférée.  Les efforts doivent être multipliés pour fournir à tous nos enfants la possibilité  d’exercer toutes les activités sportives qu’ils désirent faire. Plus de clubs doivent être crées même dans les quartiers populaires. Les prix proposés aux adhérents  doivent être raisonnables  Ceci permettra de multiplier les chances de la Tunisie de remporter plusieurs prix et d’orienter un grand nombre de nos enfants vers la pratique du sport au lieu de suivre le chemin de la délinquance. Le sport, en tant qu’activité saine ne doit pas se plier à l’injustice de la ségrégation sociale. Tennis, équitation, Golf et autres doivent encourager et exploiter les compétences enfuies et étouffées à l’intérieur de beaucoup de nos enfants.

Ce n’est pas par l’apparence physique qu’on remporte des titres de champion. C’est par la passion, le labeur, la volonté, la patience et l’amour de son pays qu’on devient de vrais sportifs. Le sport ne doit pas tomber dans le piège du favoritisme…

 

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