La poésie du voyage

Qui mieux que le poète peut nous dire quel est l’intérêt du voyage ? Lui qu’aucun guide touristique ne saurait supplanter ? Lui dont l’œil comme celui du faucon éclaire les lieux sombres aux yeux du mortel ? Dans ce texte, nous vous invitons à trouver quelques avantages du voyage tels que quelques poètes l’ont perçu à travers leurs yeux de voyageurs. Pour ceux qui ne trouvent pas d’intérêt à prendre des vacances, c’est sans doute l’occasion de changer d’avis en se fixant une destination touristique.

Voyager c’est découvrir, apprendre

Dans son poème A mon frère revenant d’Italie, Alfred de Musset s’invite à travers ce texte à ses propres souvenirs de son voyage en Italie. Il évoque le paysage « ciel enchanté », l’architecture « vieux manoirs » « palais noirs », le port, les monuments « César dans sa pourpre » ; il évoque les plats d’Italie « macaroni », il exalte la beauté féminine. Mais il n’oublie pas qu’un voyage c’est aussi les dangers. Il parle de ces «brigands (…) Sur le chemin tant redouté de Terracine ». Mais quoi qu’il en soit dit-il,  le voyage est « Cet espoir qui toujours finit/Et recommence ».

Voyager c’est croiser l’amour

Félix Arvers dans son poème sur La villégiature nous parle du plaisir du voyage. Un voyage commence par le doute, on n’ignore qui on va croiser. On se croise et se toise. Puis petit à petit s’installe la confiance …et l’amour. Mais c’est l’heure où déjà il faut repartir.

Au début de la route, en montant en voiture,
On s’observe : – l’un l’autre on se trouve importun ;
L’entretien languissant meurt faute de pâture…
Mais, petit à petit, on s’anime (…)

Et c’est lorsqu’on commence à peine à se connaître,
Que l’on se juge mieux, – qu’on s’aimerait peut-être,
– C’est alors qu’on arrive, – et qu’il faut se quitter.

Voyager c’est être chez soi

Voyager c’est aller vers l’inconnu certes. C’est se laisser guider juste par la passion. C’est plonger dans le fleuve de l’incertitude et se laisser entraîner par ses vagues. C’est à tel point d’ailleurs que Chateaubriand ignore même s’il reviendra du voyage qu’il évoque dans Le départ publié en 1827. Il ne sait dans quel lieu finalement il ira peut-être mourir. Mais que lui importe en somme s’il meurt dans un pays où un autre ? Dans son poème intitulé il se demande

Où vais-je aller mourir ? Dans les bois des Florides ?
Aux rives du Jourdain, aux monts des Thébaïdes ?

(…)

Ah ! Qu’importe le lieu ? Jamais un peu de terre,
Dans le champ du potier, sous l’arbre solitaire,
Ne peut manquer aux os du fils de l’étranger.

Ce que l’auteur veut nous dire par là, c’est qu’un voyageur est partout où il va dans le monde, toujours un peu chez soi. Un voyageur n’est jamais un étranger, jamais complètement. S’il trouve une terre où poser ses pieds, une terre d’accueil, celle-ci devient aussi la sienne.

 

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