Gadgetisation de la chirurgie

On dit souvent que la marque du progrès technique est la miniaturisation. Voyez du côté des objets qui permettent d’écouter de la musique.
Pourrait-il en être autant pour la chirurgie esthétique ? Nous vous parlons de cela à cause du Nose lifter. Voila un objet utilisé en Asie qui aurait la vertu de modifier la forme du nez. Un moyen de faire sa propre rhinoplastie, de la faire à la maison, une opération esthétique dans le confort de sa salle de bain.

Oui mais. Cette tige miracle(implanté elle aurait la capacité de modifier la forme du nez avec 7 tailles au choix) n’a pas reçu l’assentiment des autorités médicales des pays concernés, c’est-à-dire surtout les Philippines et la Corée du Sud.

En cause, des risques pour les cartilages du nez et à plus long terme l’apparition d’ulcères. Au-delà du risque médical, on est bien dans cette idée que l’inflation d’un besoin(avoir le nez de Melania Trump ou de telle autre personnalité) provoque la création de solutions pas toujours recommandables.

S’infliger une forme de torture(l’implantation de la tige serait très douloureuse) pour en finir avec un complexe n’est pas très malin. Il faut laisser l’objet pour que son action sur le nez perdure : autrement dit c’est complétement rater l’effet escompté. A l’origine, il y a l’idée du gain de temps et de confort, par le refus de la médiation du chirurgien esthétique et par le refus de la médiation de l’intervention de chirurgie du nez en bloc opératoire mais au final on se retrouve avec un inconfort prolongé et une solution qui n’en est pas une.

Quelle est l’idée de la rhinoplastie, quelle est l’idée de toute intervention de chirurgie esthétique pratiquée dans une clinique ? C’est précisément d’agir de manière définitive sur une indication complexante. Et justement, cette intervention s’inscrit dans un processus long qui implique une rencontre, une consultation, un rendez-vous, des suites opératoires et une attente qui est celle du résultat. Ce temps long est le moyen de garantir la pertinence de l’intervention, c’est le temps de la réflexion, c’est le temps de la récupération.

Cela parait plus complexe ou plus long, mais c’est le prix à payer pour que le projet de mettre fin à un malaise soit associé à une décision sure et méditée.